A poil.

Publié le par Emmanne

Ecrire ici est une façon de mettre au dehors tout ce que je pense et ressens.J'en ai moins besoin mais encore un peu quand même. C'est moins vital.

Me dévoiler c'est risquer le jugement du regard des autres...avant je m'en fichais, depuis peu j'y songe...Que certains lecteurs me jugent et me dissèquent et me cataloguent sans bienveillance...commence à me déranger.

Ce blog est un témoignage d 'un chemin,un  possible.Il y a de l'universel mais aussi tellement de singulier...

"Se mettre à poil..." c'est comme ça que je pense l'écriture de deuil...

Les voyeurs existent sûrement... et tant pis...

Ceux qui cheminent sur le même chemin, devant ou derrière moi, celles-là je les perçois comme des sœurs de misère...confraternellement réunies pour un moment... et c'est pareil pour les papas...

Bien sûr, ce n'est pas la réalité toute crue qui est écrite décrite...L'écriture police les émotions pensées...Les mots sont en deçà du réel du deuil...Les mots sont une armure.Les mots sont un paravent, un travestissement...Mais les mots sont vitaux.

Et vient le moment de remercier ceux qui me lisent, ceux qui m'ont lu , celles qui ont reçu en partage des mots inaudibles, celles qui ont m'ont prêté leurs mots comme celles qui se sont reconnues dans mes écrits...

J'écris sans y penser mais ça sonne comme un au-revoir que je n'ai pas vu venir...

MERCIS...des mercis de toutes les couleurs et toutes les tailles...une brassée de mercis...Me savoir lue m'a aidée considérablement sur cette trajectoire de maman endeuillée...qui m'avait décapée jusqu'à l'os...

Un spécial merci pour ceux qui ont écrit un commentaire, chaque fois ce fut un baume...des mots simples pour un partage, un contact humain... qui m'ont porté, soutenu, reconnu, validé... me réintégrant progressivement dans la communauté des humains...brisant la solitude et la folie...

Il n'y a qu'ici que j'écrive encore son prénom, qu'Elle existe encore un peu...

 

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Publié dans Blog de Deuil

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A
Un et demi que je vous lis. Un an et demi que je n’ose pas laisser un commentaire. Un an et demi que vous m’accompagnez si intensément et si vertigineusement sur ce chemin de deuil insensé. Alors un immense MERCI à vous ce soir pour vos posts qui décrivent avec tant de justesse et de fulgurance la traversée de ce chaos sans fin. Grâce à vous je me suis souvent sentie moins seule, moins folle, moins perdue, Je pense que nous sommes nombreuses à vous lire, silencieuses et anonymes, représentantes d’une communauté condamnée à s’isoler porteuse d’une douleur impartageable. Vous maniez les mots avec talent pour décrire ce désespoir universel de la perte d’un enfant. Encore merci avec mes plus belles pensées pour vous et Emmanuelle
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E
Merci beaucoup pour vos mots qui me redonne du courage... et d'avoir écrit son prénom, si rare désormais...de l'universel dans nos trajectoire si personnelles... oui, c'est ça que nous cherchons... en écrivant, en lisant...être moins seules, se sentir un peu comprise et moins folle..; c'est exactement ça!
N
Merci. Continuez d'écrire...
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N
Parler de l'être qui nous est cher est un luxe que nous devons nous offrir. Tout le monde a oublié ma fille : ma soeur, ma belle soeur, ma cousine et même mes fils ainés. Au bout de 4 ans, savoir que ma petite puce n'est déjà plus dans l'esprit de ma famille est affligeant. Il ne reste que mon mari , mes deux derniers enfants et moi bien-sür. Le 12 septembre est une date terrible pour nous, c'est la perte de notre bonheur, l'apparition du malheur, du vide de notre existence. Comment supporter une telle douleur ? Cela fait 4 ans que nous survivons et qui me donne le sentiment d'être dans le noir depuis 30 ans. Parfois j'arrive à remonter mais à d'autres moments je descends encore plus bas. Elle me manque tellement. Elle était si jolie. Elle s'appelait Jeanne; Cela fait une éternité que je n'ai pas appelé ce prénom dans ma maison. Et le pire c'est que nous devons apprendre à nos derniers enfants à avoir le goût de vivre. Comment leur apprendre quelque chose que je ne possède pas ? Alors je fais ce que je peux et parfois je craque devant eux parce que j'en ai marre, parce que je n'en peux plus. Parfois j'aimerai être à l'aube de ma mort. Etre suffisamment agée pour me dire que la mort peut venir me chercher, que j'ai rempli mon devoir et que je peux enfin penser à moi, à ma tranquilité et demander à Jeanne de venir me chercher. Je suis sure la connaissant qu'elle n'attend que ça, que je vienne la rejoindre pour que enfin nous reprenions nos discussions, nos fous rires, nos câlins.<br /> Elle n'avait que 12 ans. C'était une vraie princesse, tellement classe et moi tellement fière.<br /> Mon chagrin est tellement immense, je ne me relèverai jamais.
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C
Effectivement cela sonne comme un au revoir et c'est un sentiment de peur que j'éprouve en te lisant ,peur de te perdre et comment faire sans toi ?<br /> Mais tu es l'espoir qu'il y a une vie possible , je t'ai lu et tu as bien évolué en un papillon de nuit... Je n'imagine pas sortir de la chrysalide que je me suis construite , elle me protège de tous et de cette réalité que je ne veut accepter. Tu es forte et c'est à moi de te dire un grand merci.
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E
<3 <3 <3
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